RDC : L’aventure oubliée de la Force publique congolaise durant la 1ère Guerre Mondiale (1914 – 1918)

3380576853

Article publié le 18 Novembre 2014

En partenariat avec l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo, le Parlement à Kinshasa accueille une exposition consacrée aux soldats congolais pendant la Première Guerre mondiale et leur combat victorieux, sous commandement blanc, au cœur de l’Afrique orientale allemande. Une histoire peu connue des Congolais eux-mêmes.

Isoke, Kigoma, Tabora sont des noms de rues bien connues à Kinshasa, mais bien peu d’habitants de la République démocratique du Congo (RDC) ont entendu parler de l’histoire qu’elles racontent: celle du combat victorieux des soldats congolais pendant la Première Guerre mondiale. Pour rendre hommage à leur épopée oubliée, le Parlement congolais accueille une exposition consacrée à la percée victorieuse de ces hommes sous commandement blanc au cœur de l’Afrique orientale allemande.

En 1914, lorsque éclate la Grande Guerre, toute l’Afrique ou presque est sous domination européenne. La RDC s’appelle alors le Congo belge. C’est depuis 1908 une colonie enclavée entre des territoires sous contrôle français, portugais, britannique, et – à sa frontière est – allemand.

Dès le mois d’août, les Allemands font aussi peu de cas de la neutralité du Congo que de celle de la Belgique : ils attaquent des postes belges sur la rive occidentale du lac Tanganyika (photo). « Les autorités allemandes voulaient établir un pont entre leurs colonies orientales et occidentales, notamment pour briser l’axe britannique entre Le Cap et Le Caire », rappelle l’écrivain belge David Van Reybrouck dans son livre « Congo, une histoire ». Pour les Congolais, il s’agit alors d’une « guerre européenne », explique l’historien et ethnologue Pamphile Mabiala, professeur à l’Université de Kinshasa et président de l’exposition organisée en partenariat avec l’ambassade de Belgique en RDC.

Mais alors que la quasi-totalité de la Belgique passe rapidement sous la coupe des armées du Kaiser, la Force publique congolaise – environ 10.000 hommes mal entraînés qui assuraient essentiellement des fonctions de police dans la colonie – reçoit l’ordre « de se réorganiser pour une contre-offensive, et d’envoyer des contingents en renfort aux troupes coloniales britanniques et françaises engagées contre les troupes allemandes au Cameroun » et en Zambie actuelle, où elle « contribua à repousser les forces allemandes », rappelle l’ambassadeur de Belgique Michel Lastschenko.

Lire la suite