Opinion : La double lutte de la minorité musulmane

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En Belgique, l’avenir de la minorité musulmane passe par la construction de son pluralisme. Comment se distancier de ces leaders religieux conservateurs qui dictent une norme étouffante et instrumentalisent la lutte contre l’islamophobie?

Aujourd’hui, il est impératif de reconsidérer le citoyen musulman en tant qu’individu à part entière, ayant une liberté propre, c’est-à-dire ne subissant pas le poids de toute une communauté. Rompre avec l’image d’une « communauté musulmane » présentée par certains de ses leaders comme un seul bloc adhérant sans réserve aux règles religieuses qui lui sont imposées. Cette communauté-là n’existe pas. En effet, bien que l’influence exercée par ces leaders religieux soit importante et qu’ils aspirent à cette uniformité, il est primordial d’en diminuer l’impact afin d’inverser la tendance : il faut sortir de cet ordre moral qui s’est abattu sur la minorité musulmane puis l’a peu à peu gangrenée.

Les leaders dont il est question font bel et bien la promotion d’un islam qui se veut rigide, d’un islam étouffant, et tentent manifestement d’enterrer la diversité musulmane. Les différentes expressions musulmanes, qu’elles soient culturelles, laïques ou même spirituelles, ont peu à peu cédé la place à un islamo-conformisme communautaire. Au niveau de la doctrine, le courant religieux qui s’est imposé se situe entre le wahhabisme institutionnel et l’islamisme. C’est le courant le plus structuré du paysage islamique belge, et il a de nombreux moyens de diffusion : des librairies-maisons d’édition, une foire annuelle, certaines émissions radiophoniques, le Web, etc. Cette grande diffusion prend toute la place du discours communautaire musulman et tente d’en donner une vision uniforme.

Néanmoins, ces défenseurs de cet islam ne s’occupent pas que du domaine religieux et ont décidé de prendre part aux différentes problématiques qui touchent la minorité musulmane, dont la lutte contre l’islamophobie. Certains, qui étaient connus comme religieux, ont donc commencé à promouvoir la lutte contre l’islamophobie et fournissent des efforts relativement importants dans le but d’en devenir les représentants. Ne perdons pas de vue le rôle douteux joué par certains acteurs associatifs et autres associations phagocytées depuis longtemps par l’islamisme. Leur présence ne fait qu’accentuer l’ambiguïté et fait naître des doutes qui nuisent à l’esprit de cette lutte car cela peut faire croire que le but caché du combat contre l’islamophobie, dans notre pays, est d’imposer par ce moyen des valeurs religieuses. Or la lutte contre l’islamophobie n’a absolument rien à voir avec la religion.

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