Tchad : Mobilisation après la Publication sur les Réseaux Sociaux de la Vidéo du Viol Collectif d’une Lycéenne Kidnappée et Séquestrée ! (Vidéos FR)

capture-zouhoura

La publication sur les réseaux sociaux de la vidéo d’un viol collectif sur une lycéenne a suscité une vague d’indignation dans tout le pays.

Selon notre Observateur, c’est la première fois qu’une telle mobilisation contre les violences faites aux femmes prend forme au Tchad, alors que d’après lui, les viols de lycéennes sont courants.

Le 8 février, Zouhoura, âgée de 16 ans, est enlevée et violée par cinq lycéens. Selon la presse locale, deux d’entre eux seraient des Fils de Généraux Tchadiens. Le jour même, la famille tente de porter plainte, mais l’affaire est étouffée. C’est la diffusion sur Facebook de la vidéo de son viol, cinq jours plus tard, [elle a été retirée depuis, NDLR], qui provoque un tollé.

Pour demander à ce que justice soit faite, des élèves se sont rassemblés lundi 15 février devant plusieurs lycées du pays avec des pancartes et des banderoles « Justice pour Zouhoura », « Je suis Zouhoura ». À N’Djaména, la capitale, des centaines de personnes ont pris part à une marche de soutien organisée à l’appel d’associations.

En rentrant, la jeune fille a raconté ce qu’il s’est passé, et comme elle connaissait plusieurs des agresseurs, son père a porté plainte. Mais les garçons n’ont pas été arrêtés.

>> Cliquer sur l’image pour voir la Vidéo

Jusqu’alors, la vidéo complète du viol ne circulait que sur quelques groupes Whatsapp [une application de messagerie]. Mais un journaliste et activiste basé en France, appelé Maïna, très suivi par les Tchadiens sur les réseaux sociaux, a réussi à récupérer la vidéo et a décidé de la publier dans la soirée du samedi 13 février. Selon lui, le but était de dévoiler l’affaire au grand jour pour faire pression sur le gouvernement pour qu’une enquête soit ouverte.

Au Tchad, tous les jours, des filles se font violer et filmer

Deux des accusés sont des fils de généraux, ce qui peut expliquer que l’affaire a d’abord été étouffée. En plus, Zouhoura est la fille d’un opposant politique, Mahamat Yesko Brahim, président du Mouvement démocratique africain (MDA). Il avait annoncé quelques jours plus tôt sa candidature à la présidentielle du 10 avril 2016.

Cela peut faire penser à une affaire politique, mais je ne pense pas que ce soit le cœur du problème. Ce qui est arrivé à Zouhoura arrive régulièrement au Tchad. Tous les jours, des filles se font violer et filmer. La plupart du temps, les agresseurs font du chantage : si la fille porte plainte, ils publient les photos et vidéos. Du coup, la majorité des filles se taisent.

Le dimanche soir, Zouhoura est passée à la télévision pour demander à la population de ne pas se rassembler. Mais nous avons rapidement appris qu’elle avait été manipulée. En effet, quelques heures plus tard, elle a publié sur les réseaux sociaux une vidéo où elle se filme pour demander aux gens d’aller manifester !

>> Cliquer sur l’image pour voir la Vidéo

Les hommes manifestent, les mentalités évoluent

Du coup, lundi, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans le pays mais aussi à l’étranger, notamment au Niger, où il y a beaucoup d’étudiants tchadiens. Des étudiants à Dakar, au Sénégal, manifestent également leur colère.

senegal20-tchad

Ces manifestations sont exceptionnelles, c’est la première fois qu’autant de monde se mobilise contre les violences faites aux femmes au Tchad. Les manifestants demandent à ce que justice soit faite pour Zouhoura, mais aussi pour toutes les autres filles qui sont violées.

>> Cliquer sur l’image pour voir la Vidéo

 

Il faut également noter la présence de quelques hommes lors des rassemblements, ce qui montre bien que c’est toute la population qui demande à ce que les mentalités évoluent en ce qui concerne les discriminations faites aux femmes.

Mais ce mouvement d’indignation ne plaît pas du tout aux forces de l’ordre, qui ont violemment dispersé la marche qui a eu lieu à N’Djamena avec des gaz lacrymogènes.

>> Cliquer sur l’image pour voir la Vidéo

 

Selon plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux, un des protestataires serait mort lors de la dispersion de la manifestation à N’Djamena.

Le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga, a de son côté assuré qu’il n’y avait pas eu de victime et que deux des présumés violeurs avaient été arrêtés.

Source