RDC : La BIAC « Banque Internationale pour l’Afrique au Congo » est-elle en Faillite ? (Photos)

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Près de 400.000 épargnants risquent de tout perdre suite à la faillite de la Biac. Nouvelle tension mais à qui profite le crime ?

“Si rien n’est fait dans les quatre ou cinq prochains jours, la banque sera en faillite et près de 400.000 épargnants auront tout perdu, ce qui représente au moins 4 millions de foyers et 5.000 PME. Les dégâts vont être colossaux et la grogne, ajoutée au climat politique tendu, pourrait vite dégénérer. A Kinshasa, on est sur une poudrière” , explique un homme d’affaires congolais qui craint la contagion à d’autres banques.

“Le marché bancaire est encore tout petit mais il se développait bien ces derniers temps notamment avec la bancarisation des salaires des fonctionnaires. Si cette faillite se confirme, la méfiance sera de retour et pour longtemps et les épargnants des autres banques pourraient être tentés de retirer leurs avoirs de toutes les banques. L’onde de choc risque d’être terrible”, explique un businessman belge installé à Kinshasa depuis près de 30 ans.

Au cœur de la tourmente, la Biac (Banque internationale pour l’Afrique au Congo), troisième plus importante institution bancaire congolaise appartenant majoritairement à la famille Blattner, présente aussi dans les plantations, le transport (compagnie FlyCAA), la construction ou les pneumatiques.

“Sa place sur le podium démontre qu’il s’agit d’une institution qui compte dans le paysage congolais mais on est sur des montants très minces. Pas plus de 500 millions de dollars de dépôts”, poursuit un homme politique congolais. “Cela fait de longues années que les rumeurs courent sur la qualité de la gestion de la famille Blattner. L’institution ne tenait, ces dernières années que parce qu’elle était sous perfusion de la Banque centrale du Congo (BCC).

Quand cette dernière a décidé, vu la situation économique générale du pays, de réclamer un remboursement anticipé des sommes injectées, la Biac a été en grande difficulté”, explique, “sous le strict sceau de l’anonymat”, un banquier congolais. “La banque avait une petite chance de s’en sortir si cela ne s’ébruitait pas. Mais certains ont jugé bon de fuiter l’info. A partir de là, c’est devenu ingérable. Comme d’habitude, c’est le management actuel qui a été la cible de toutes les accusations.

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Michael Losembe, le patron de la banque, n’a pas été épargné et ce n’est pas fini, vu que l’enseigne n’a pas encore tout à fait touché le fond. Mais Losembe est arrivé en 2013, à une époque où la banque était déjà dans le rouge, comme le démontre un audit de la BCC de l’époque. Il a engagé des frais pour moderniser l’institution et essayer de traquer les comptes douteux. Mais il avait l’accord de la BCC qui, en échange de ce travail pour remettre la banque sur le droit chemin, garantissait qu’elle continuerait à le soutenir financièrement.”

Alors pourquoi la BCC a-t-elle lâché la Biac ? “Parce que le boss actuel de la BCC n’est plus celui de 2012. Ensuite, il a été mis sous pression par le Premier ministre Matata pour agir comme il l’a fait. Logiquement la BCC est indépendante du politique et est responsable de la bonne gouvernance des banques. Ici, elle joue les apprentis sorciers”, poursuit notre banquier.

Quant à savoir pourquoi le politique a coupé les ailes à la Biac, les réponses divergent mais toutes pointent du doigt la mauvaise entente entre les propriétaires de cette banque et le chef du gouvernement, voire le président Kabila “et tant pis pour les millions de personnes qui seront impactées par cette faillite qui paraît inéluctable”.

“Dans le contexte actuel, c’est très risqué. La colère gronde, surtout à Kinshasa. Si une panique financière vient se greffer sur cette tension, nul ne peut prédire comment cela se terminera. Il faut vraiment que le jeu en vaut la chandelle … C’est vrai que les avoirs de famille Blattner intéressent beaucoup de monde. Les obliger à les céder à vil prix pour éviter une faillite pourrait être un argument. Dans les années 70, un scénario identique a plombé la famille Dokolo…”, conclut un autre observateur de la vie politique dans l’ex-Zaïre.

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