Brésil : JO de Rio – 2 Judokas Réfugiés Congolais (RDC) Popole Misenga et Yolande Bukasa Figurent Parmi les 10 Athlètes que Compte la 1ère Équipe de Réfugiés de l’Histoire des Jeux Olympiques ! (Vidéo FR)


Ils sont dix réfugiés à se tenir un peu gênés aux côtés du président du Comité international olympique, Thomas Bach. Les flashes crépitent, les cameramen jouent des coudes tandis que les dix athlètes gardent un même sourire figé et timide. Le président Bach se lance dans un discours sur la fraternité et les valeurs universelles de l’olympisme: «Il faut, dit-il, que le monde réalise l’ampleur de cette crise des réfugiés. Les Jeux ont aussi un rôle à jouer.»

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Pour la première fois donc, les Jeux olympiques présenteront une équipe de dix réfugiés qui va se battre sous la bannière aux cinq anneaux. «Une équipe miroir des tragédies humaines des XXe et XXIe siècle», rappelle le Haut-Commissariat pour les réfugiés. Ils ont défilé vendredi lors de la cérémonie officielle, avec en fond l’hymne de l’olympisme. En tout, 43 athlètes avaient été présélectionnés pour cette équipe particulière.

Tous étaient athlètes de haut niveau et vivaient en dehors de leur pays. Mais tous n’avaient pas le statut de réfugiés, un élément indispensable pour que le CIO les choisisse pour Rio. Selon la communication du comité, les athlètes auraient bénéficié des mêmes conditions d’entraînement que les autres et d’un fonds d’aide à hauteur de 2 millions de dollars.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 12

Popole et Yolande, judokas

Pourtant, les deux athlètes réfugiés à Rio de Janeiro et qui font partie aujourd’hui de l’équipe des Jeux étaient dans la misère complète quand les médias ont commencé à s’intéresser à eux.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 8

Popole Misenga et Yolande Bukasa Mabika sont nés dans la République démocratique du Congo et sont judokas. Leur histoire tragique se ressemble et cela fait plus de quinze ans qu’ils sont amis. Les deux vivent aujourd’hui à Brás de Pina, dans la zone nord de Rio, une favela prisée des Africains, qui peuvent y retrouver des compatriotes.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 7

Popole, 23 ans, catégorie 90 kg, est marié à une Brésilienne, avec qui il a un fils de 1 an. Ils vivent à 5 dans une maison de deux petites pièces. Popole vit de la générosité de l’organisation Caritas, qui l’a aidé lui et Yolande pour leur demande d’asile au Brésil.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 2

Situation critique

L’équipe olympique de réfugiés raconte toutes les tragédies humaines; A l’instar de deux judokas congolais, ils seront dix athlètes à concourir pour les 60 millions de réfugiés dans le monde.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 4

Yolande, 70 kg, 28 ans, était dans une situation encore plus critique: elle ne louait qu’une chambre dans la partie la moins chère et la plus dangereuse de la favela. Mais les deux se rendaient tous les jours à l’entraînement de judo. Caritas les avait mis en contact avec l’ONG du judoka brésilien Flavio Canto, qui donne gratuitement des cours aux enfants des favelas.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO

Là, ils ont rencontré Geraldo Bernardes, ancien entraîneur de l’équipe brésilienne de judo et âgé aujourd’hui de 70 ans. Popole et Yolande ont tous les deux été champions d’Afrique. En arrivant au Brésil pour les championnats mondiaux, leur entraîneur les a abandonnés sans argent et sans passeport. Sans autre option, ils sont restés au Brésil.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 9

Mais avant cela, ils étaient déjà réfugiés dans leur propre pays, à Kinshasa, la capitale. Popole avait 6 ans quand les soldats sont entrés dans son village et qu’il a fui avec la population: «Nous avons marché pendant trois jours dans la forêt. J’étais avec des gens mais personne de ma famille. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus.»

Rencontre au camp

Popole a grandi dans les camps de réfugiés des organisations internationales et a découvert le judo quand un des camps fut monté dans un gymnase où les judokas continuaient de s’entraîner au milieu des réfugiés.

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 13

C’est là qu’il a connu Yolande. Elle avait aussi fui dans la même situation que Popole. Mais, âgée alors de 12 ans, ses souvenirs sont plus précis: «Je venais de rentrer de l’école, je m’étais changée, et je sortais jouer avec mes amis quand j’ai vu les soldats. J’ai entendu: «Cours, cours.» Et j’ai couru, sans m’imaginer que je ne reverrais plus jamais ma famille.»

Judoka Congolais dans Equipe Refugies aux JO de RIO 6

Les deux ont aujourd’hui l’espoir de gagner une médaille pour améliorer leur situation financière, bien sûr, mais aussi pour que l’on parle d’eux au Congo. Popole surtout a l’espoir de retrouver sa famille et lui présenter son fils, «car tout le monde regarde les Jeux en Afrique. Si je gagne, peut-être que ma famille va me voir.» Une récompense qui vaudrait bien plus qu’une médaille. […] Lire la suite

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