Afrique : Thomas Sankara « L’Aide Alimentaire Contrarie le Développement de notre Agriculture » (Vidéo FR)

Sankara et Kadhafi

« Il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte ses volontés. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme, n’allez pas plus loin. »

« Nous sommes contre le principe de l’aide alimentaire. Nous l’acceptons, nous la subissons malgré nous. Pour le moment et pour éviter que, de façon sim­pliste, nos ennemis amènent notre peuple a la revendiquer contre nous en lui disant qu’un orgueil mal place nous amène à refuser cette aide alimentaire, nous, les gens des villes, du gouvernement, les mieux lotis. Que nous refusons cette aide pour affamer notre peuple.

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Si nous avions davantage la possibilité d’expliquer, nous montrerions que l’aide alimentaire contribue a créer chez nous une mentalité d’assistés, a créer des circuits de spéculation chez nos producteurs, a court-circuiter nos structures de commercialisation des céréales les magasins étant engorges d’aides. A provoquer même indirectement l’enrichissement des commerçants, des intermédiaires. Nous sommes contre l’aide alimentaire, mais jamais nous n’avons dit et jamais nous ne serons contre l’aide en équipements agricoles que nous appelons de tous nos vœux. Aujourd’hui, nous sommes prêts à refuser cent mille tonnes de céréales pour accepter une charrue.

Notre développement passe d’abord par la maîtrise de l’eau, puis la création d’une industrie agro-alimentaire capable d’absorber et de conserver les produits agricoles. A quelle vitesse ? A la nôtre. Nous préférons de petites unités à mi-chemin entre l’industrie et l’artisanat. Nous préférons les « teufs-teufs » aux machines électroniques. Nous ne sommes pas opposés à l’entreprise privée qui ne porte pas atteinte à notre honneur, notre dignité, notre souveraineté.

Nous avons de la main-d’œuvre et cela peut être tentant pour des sociétés internationaux de venir installer au Burkina Faso quelques industries de transformation ou des succursales de leurs industries. Et l’on pourra dire, du point de vue statistique, que nous possédons une grande industrie mais en réalité ce sera une industrie contrôlée par des puissances étrangères et des forces capitalistes extérieures au Burkina. Ce que nous souhaitons faire par contre, c’est intensifier l’agriculture dont l’effet d’entraînement pourra être générateur d’un développement interne, endogène. A titre d’exemple, la conservation et la transformation de la tomate impliquent la réalisation de chambres froides, donc la production de froid artificiel, de même que la fabrication de boîtes et d’emballages sur place, etc. Tout cela donnerait naissance, ici , à une certaine industrie. C’est pourquoi nous ne voulons pas de gros projets de luxe.Nous sommes très méfiants à ce sujet.

Nous avons refusé les prêts de la Banque Mondial pour alimenter des projets que nous n’avons pas choisis…Nous avons dit au FMI : ce que vous nous demandez, nous l’avons déjà fait. Nous avons réduit les salaires l’économie, vous n’avez rien à nous enseigner. Or, à chaque fois que nous parlions au FMI, il nous fallait fournir toujours de nouveaux gages. Il nous est apparu que ce qu’il cherche va bien au-delà d’un contrôle de gestion et que ce dont il s’agit n’est autre chose qu’un contrôle politique. » […] Lire la suite

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