RDC : Discours sur le Néocolonialisme prononcé par le Maréchal MOBUTU SESE SEKO devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies (Vidéo FR)

Mobutu ONU 1973

Extraits du Discours prononcé par le Maréchal MOBUTU SESE SEKO devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 4 octobre 1973.

Entre les pays riches communément appelés : »pays développés », et nos pays appelés arbitrairement : « pays du tiers-Monde » », « pas tout à fait exact sous l’angle économique …

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On ne peut non plus justifier l’appellation de « tiers-monde » sous l’angle géographique ni sous l’angle des populations, car le tiers-Monde ne constitue pas le 1/3 de l’humanité mais plutôt les 2/3″, « le terme de « tiers-Monde » s’accompagne d’une idée de mépris. Par conséquent, cette appellation est surannée. Pour les gens qui l’on inventé , il existe des pays qui forment le Bloc de ce qu’on appelle l’Ouest et les autres qui forment le Club de ce qu’on appelle l’Est. En dehors de ceux-là, on met tous les autres dans le même panier sous le vocable de « tiers-Monde ».

Le mépris qu’éprouvent certains pays colonialistes ne s’arrête pas là, car ils avaient commencé par appeler les pays dits du tiers Monde : « pays arriérés ! » Les auteurs eux-mêmes trouvant ce terme trop fort ont cru l’améliorer en lui substituant celui de « Pays sous-développés. » Et maintenant, soi-disant pour éviter des susceptibilités diplomatiques on nous appelle « Pays en Voie de Développement.

Au Zaïre, nous nous demandons ce que signifie exactement le développement. Peut-on appeler « Pays Développés », des pays qui possèdent un nombre impressionnant de voitures, qui construisent des milliers de kilomètres d’autoroutes, qui polluent les eaux, les mers et l’air ? Faut-il appeler « Pays Sous-Développés », ceux dont les habitants sont pauvres, certes, mais équilibrés ? Où l’on compte moins de cas de suicides ? Où il y a moins de meurtres, et moins de déséquilibrés et de sadiques ? Je vous avoue que je n’ai jamais considéré le Zaïre, mon pays, comme sous-développé. Car mon peuple est discipliné, travailleur, digne et fort. Alors que les pays qui se disent développés sont le théâtre de désordres sociaux, de grèves sauvages.

C’est pourquoi nous préférons au terme de « développement » celui « d’équipement ». Nous reconnaissons, volontiers, que nous sommes « sous équipés » par rapport à d’autres pays… Les Etats-Unis d’Amérique se trouvent à la tête des dix pays les plus riches du monde. Ils l’ont prouvé en débarquant les premiers un homme sur la lune, mais on ne dit jamais que les neuf autres sont sous-développés par rapport aux Etats-Unis. On dit tout simplement comme nous qu’iIs sont en retard d’équipement par rapport aux USA …

Ce qui précède prouve que le concept « Pays en Voie de Développement » est impropre et un faux prétexte car chacun de nous a toujours un plus équipé et un moins équipé que lui. et que nous sommes tous en perpétuel développement, c’est-à-dire, en fait, en Voie de Développement.

D’autre part, ceux qui se disent développés devraient se rendre compte de la prise de conscience par les « Pays Sous Equipés » de leur condition. En effet, ces derniers ont fini par comprendre que la division du monde n’est pas fonction de l’idéologie ou du degré d’industrialisation des différents pays.

Le monde se divise en deux camps : les dominés et les dominateurs, les exploités et les exploiteurs. Les pays pauvres ne le sont pas par incapacité congénitale, ils le sont par suite de l’histoire, qui a fait que certains pays ont dominés, exploités et pillés d’autres pour s’enrichir.

Quand le riche devient toujours plus riche, et c’est de la logique mathématique, quand le riche exploite le pauvre, le riche devient de plus en plus riche, et le pauvre, de plus en plus pauvre… », « l »assistance profite avant tout au pays donateurs », « quand on donne une bourse d’étude à un étudiant d’un pays pauvre, cette bourse est totalement dépensée par l’étudiant dans le pays riche…, le pays pauvre supplée,.. un transfert de capitaux… », « quand à leur salaire [des coopérants techniques] la moitié est transférée mensuellement dans leurs comptes dans leurs pays d’origine.

D’ailleurs, une partie non négligeable… », « On parle aussi très souvent d’assistance financière, mais si on y regarde de très près, on constate que les crédits des pays donateurs sont, d’une part, grevés de conditions de fourniture d’équipements, et d’autre part, assortis de taux d’intérêts exorbitants, et de délais de remboursement très courts. De plus, ils restent dans les coffres des banques des pays riches, et le pays bénéficiaire n’en reçoit pas un seul centime à dépenser localement. Il se passe donc comme si l’on finançait un pays pauvre sans que celui-ce ne bénéficie du financement. On dirait donc, pour utiliser le langage des financiers, que nous assistons à un auto-financement des pays riches eux-mêmes.

Bien plus, mon pays transfère annuellement vers l’ancienne métropole, pour paiement de services et de dividendes des sociétés privées installées chez nous, une somme allant de 300 à 350 millions de dollars. C’est pourquoi, je me demande finalement qui assiste qui ? Je suis convaincu que, dans ce domaine précis, nous ne parlons pas le même langage. C’est pourquoi, si réellement les pays riches veulent aider les pays pauvres, ils doivent les mettre à l’abri de « crédits fournisseurs », de bureaux d’études et d’experts internationaux. Je m’explique, pour un oui pour un non, les commerçants sans scrupules de l’Occident, nous proposent des crédits fournisseurs tous azimuts. Ils peuvent vous vendre du papier, des cigarettes, de l’eau et même du vent, avec soi-disant des facilités de paiement, sans tenir compte de l’aggravation de votre endettement extérieur.

Les pays riches ne devraient pas se préoccuper seulement d’aider leurs industries à exporter à n’importe quelle condition, mais ils doivent également tenir compte de la situation financière des pays importateurs… », « il n’y a pas de honte à reconnaître que nous sommes en retard d’équipements par rapport à beaucoup de pays du monde… », « lesdits experts… au lieu de se considérer comme des éléments de conjoncture… travaillant en vase clos, cachant les dossiers pour que l’on ait éternellement besoin d’eux. Quant aux bureaux d’études, ils sont comme la langue des hommes, la meilleure et la pire des choses… les bureau d’études ne font pas leur travail pour solutionner des problèmes mais pour se ménager de nouveaux marchés [pas pour aboutir à une solution, mais pour identifier de nouveaux problèmes qui suscitent de nouvelles études]… », « l

J’estime qu’il y a d’autres voies plus désintéressées et plus efficaces. Je n’en veux pour preuve que la Coopération Sino-Zaïroise. en effet, depuis le mois de janvier de cette année, le Zaïre vit une expérience unique dans le domaine de la coopération. Il s’agit de l’aide que la Chine consent à mon pays. Aux assistants techniques Chinois, nous ne payons pas de billets d’avion, et nous n’effectuons aucun transfert salarial dans leur pays d’origine. Les experts Chinois adoptent le mode vie de leurs homologues Zaïrois. Le Chinois se déplace, loge et se nourrit exactement comme son homologue Zaïrois. Dans le domaine de l’assistance financière, la Chine nous a accordé un crédit important à très long terme, et sans intérêts … Voilà à mon avis un bel exemple à suivre quand on veut aider un pays sous-équipé »…

« Nous devons avoir, toujours présent à l’esprit, que le monde se trouve à la croisée des chemins. il n’est plus divisé par l’idéologie, même pas tellement par les races, ni par la géographie politique, mais par des moyens économiques. Et c’est là que réside, aujourd’hui, le véritable nœud des relations entre les pays du monde. Plus d’une fois, les pays pauvres ont lancé des cris d’alarmes auprès des riches pour comprendre leur situation précaire dans le monde économique d’aujourd’hui.

Le dernier Sommet des Pays Non Alignés à Alger, dont le compte-rendu sera donné à cette tribune par le président en exercice, Boumediene d’Algérie, a souligné sans équivoque le danger de laisser persister une telle situation d’une injustice flagrante. Nous avons plus d’une fois, dénoncer le scandale de la détérioration des « termes de l’échange ». Et certains théoriciens de l’Occident, pour se donner une conscience tranquille, essaient de démontrer que la qualité des produits finis a augmenté, alors que les matières premières étaient restées les mêmes. Que donc, il est logique que les produits élaborés se vendent beaucoup plus chers que les matières premières. De telles théories dénotent une mauvaise foi manifeste.

Prenons un exemple : dans la constitution d’un repas, on peut avoir de la viande, des légumes, des fruits, du café, du thé. On peut considérer que ces produits n’ont pas beaucoup changé depuis des années, mais les prix des produits des pays riches, par exemple, galopent dans des proportions inquiétantes, tandis que le café et le thé restent toujours sujets à des fluctuations permanentes.  » Le caoutchouc que nous produisons est moins cher que ce qu’il coûtait il y a 20 ans, tandis que les pneus que nous achetons n’ont jamais cessé d’augmenter depuis. Le pétrole, produit par les pays sous-Equipés se vend moins cher que l’eau minérale produite par les pays Equipés.

Tout cela a comme conséquence, l’amélioration sensible du niveau de vie des pays Equipés au détriment des pays sous-Equipés. C’est ainsi qu’à titre d’exemple, les paysans des montagnes du Kivu qui cultivent le thé sont toujours pieds nus, alors que les responsables de Lipton qui commercialisent le thé zaïrois se prélassent dans les meilleurs palaces du monde. Je pense que cette injustice vient du fait que les pays riches sont en même temps juges et partis. Car ce sont eux, et eux seuls, qui fixent les prix de nos matières premières et les prix de leurs produits finis. Cette situation est souvent aggravée par la politique des grandes sociétés multinationales qui, quand elles investissent dans un pays donné, elles ne s’intéressent pas à celui-ci, mais uniquement à leur profit. Et quand ces sociétés s’installent chez nous, elles ne créent pas une nouvelle société, mais une dixième, une centième, si pas une millième de leurs filiales. »

« L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette est placée au Zaïre » Frantz Fanon

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