France : Le Policier d’Aulnay-sous-Bois est POURSUIVI pour le VIOL de Théo – Étudiant Footballeur Congolais de 22 ans (Vidéo FR)


Trois jours après l’interpellation violente d’un jeune homme lors d’un contrôle à Aulnay-sous-Bois, quatre policiers ont été mis en examen dimanche pour violences volontaires, dont un pour viol.

Le juge d’instruction a finalement retenu les charges les plus lourdes. L’un des policiers impliqués dans une intervention violente jeudi à la cité de la Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a été mis en examen dimanche soir pour « viol avec arme en réunion ».

Ce qui le rend passible d’un renvoi devant une cour d’assises. Ses trois collègues qui composaient la patrouille, eux, sont, poursuivis pour « violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Tous ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer pour trois d’entre eux. Ils ont aussi tous été suspendus administrativement.

Tout est parti d’un contrôle, jeudi vers 17 heures. Les policiers auraient entendu une dizaine de jeunes de la cité, qu’ils ont identifiés comme des guetteurs d’un trafic de stupéfiants, donner l’alerte. Une fois sur la dalle, les fonctionnaires auraient été accueillis par des insultes et au moins un coup. Un jeune assure, au contraire, avoir été giflé sans raison. En tout cas, la situation a totalement dérapé lors de l’interpellation de Théo, 22 ans, sans passé judiciaire.

>> Cliquer sur le lien pour voir la Vidéo

Les policiers cherchent à menotter le jeune homme. Dans la mêlée, son pantalon de survêtement glisse. Alors qu’il se débat, un agent saisit sa matraque télescopique et porte un coup de manière horizontale. Théo s’effondre : l’arme a profondément pénétré dans les chairs. Les médecins ont constaté une plaie profonde, longitudinale, avec rupture du muscle sphinctérien. Blessure ayant nécessité une opération en urgence.

Des images déterminantes

Le juge d’instruction est allé à l’encontre du parquet qui, lui, considérait que le geste était certes inexcusable car destiné à faire mal, mais sans portée sexuelle. La séquence ayant été filmée par les caméras de la ville, la suite de l’enquête reposera en grande partie sur l’interprétation de ces images, décrites comme de bonne qualité.

L’avocat du principal mis en cause n’a pas pu être joint. Mais le conseil du gardien de la paix ayant tenté de maîtriser Théo sur le haut du corps a réagi. « Mon client a utilisé la force strictement nécessaire, conformément à ce qui lui a été enseigné, et n’est en rien concerné par quelque accusation de nature sexuelle que ce soit. D’ailleurs, il conteste toute infraction », insiste Me Pascal Rouiller.

Le malaise est perceptible. D’un côté, des habitants dénonçant ce qu’ils assimilent à des méthodes de « cow-boy » des forces de l’ordre. De l’autre, des policiers exténués et exposés aux agressions, comme à Viry-Châtillon en octobre. Ceux-là ont lancé un mouvement de fronde. Bruno Le Roux, le ministre de l’Intérieur, a proposé de recevoir hier les frères et sœurs de la victime pour faire le point sur l’enquête. Ceux-ci ont refusé.

Dimanche soir, malgré la mise en examen pour viol de l’un des fonctionnaires, Aulnay s’apprêtait à vivre une nouvelle nuit placée sous haute surveillance.

>> Cliquer sur le lien pour voir la Vidéo

« Cet homme a été blessé et humilié » Pour Bruno Beschizza, maire (LR) d’Aulnay-sous-Bois, la transparence de l’enquête doit être garantie.

Pourquoi avoir donné votre avis sur la procédure judiciaire ?

BRUNO BESCHIZZA. Cette enquête avait commencé sur une qualification de viol. C’est un mot qui a du sens dans cette affaire. En revanche, la notion de violences volontaires n’en avait aucun. Par conséquent, je demandais la requalification des faits en viol. Il y a eu des constatations médicales. Cet homme a été blessé dans son intimité, humilié. J’ai pu rencontrer la famille. C’est une famille très respectable d’Aulnay tout comme ce jeune homme. Elle est psychologiquement détruite.

N’êtes-vous pas sorti de votre rôle ?

Je ne suis pas là pour jouer les justiciers, ni de forcer la main de la justice. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’indépendance de la justice. Tout comme je respecte la présomption d’innocence des policiers.

Vous en avez appelé au ministre de l’Intérieur ?

J’ai interpellé Bruno Le Roux car il doit garantir la transparence de cette enquête. On ne doit pas pouvoir imaginer qu’il puisse y avoir un quelconque détournement de la vérité. Je la demande pour les Aulnaysiens, pour le maire que je suis, l’ancien policier que j’ai été et pour l’ensemble de la police. S’il n’y a pas un traitement ferme de la justice ce sont les autres policiers qui vont payer. Le ministre est aussi le garant de l’ordre public. […] Lire la suite